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Ce qu'il y a de fantastique dans la musique de Kristo Numpuby, c'est que l'on y retrouve plusieurs musiques : on peut l'entendre traditionnelle, blues, jazz, brésilienne ou méditerranéenne. C'est une musique africaine qui évoque d'autres sons. Au coeur de la musique de Kristo, l'Assiko, un rythme traditionnel de la forêt du sud du Cameroun qui est exécuté à l'aide d'une guitare, de couverts et d'une  bouteille vide pour la percussion. A l'instar du blues, l'Assiko est une manière de vivre le rythme.

Né à Paris, Kristo Numpuby est élevé dans la forêt tropicale Camerounaise.
Dès l'âge de huit ans, il compose des chansons et s'intéresse aux percussions. Mais c'est sa grand mère qui lui donne une éducation musicale plus large : « Nguéba, ma grand-mère tenait un bar à Eseka. On y écoutait à longueur de journée divers styles de musiques : classique, jazz, rythm'n'blues, James Brown, afro-cubain, rumba zaïroise, high-life, makossa, biguine. Je baignais dans un univers musical kaleidoscopique ».

Finalement, à 12 ans, Kristo reçoit une guitare. Désormais il peut interpréter tous les tubes qui passent à la radio. À 18 ans, il forme un trio qui interprète uniquement ses propres compositions ; Kristo chante et joue essentiellement de l'Assiko. Les gens de sa génération ne comprennent pas d'ailleurs pourquoi un gars comme lui qui passe ses vacances à Paris, continue à s'intéresser à la musique du village. Et même si Kristo écoute tous les sons à la mode, c'est cette musique-ci qui le fascine : « Je prenais du plaisir à interpréter Jean Bikoko, Médjo Me Nsom ou Dikoumè Bernard et à pincer comme eux les cordes de la guitare d'une façon inhabituelle. Les joueurs d'Assiko sont des initiés. Ils ont une technique particulière. Une approche de la musique qui me convenait car différente ».

En 1986 il s'envole pour Paris, le bac en poche, et devient  « fils de pub ». Étrangement, c'est là qu'il renoue avec la musique. En effet, il se retrouve en studio pour superviser l'enregistrement des messages publicitaires d'une campagne dont il est responsable : « Il y a eu un problème pour trouver des musiques. J'ai réagi très vite et Morning Limbé -un blues composé en 1982 - a servi d'illustration sonore ».

La musique prend de nouveau le dessus, Kristo délaisse peu à peu la publicité il se met à fréquenter les studios d'enregistrement, et devient bassiste. C'est lors d'une rencontre avec Stevie Wonder, à l'occasion d'une tournée, qu'il réalise la nécessité d'enregistrer ses compositions : « En décembre 94, alors que je suis en tournée au Ghana avec une vedette africaine pour le Panafest, à l'hôtel, je tombe sur Stevie Wonder dont j'ai une vingtaine de disques à la maison. À la fin de la conversation, il m'a demandé si j'avais quelque chose à lui faire écouter. Je n'avais malheureusement rien ». Il enregistre alors son premier album «Assiko City» - prix découverte Fnac - se crée un public fidèle à Paris et part en tournée.

Kristo Numpuby oscille entre les accents traditionnels africains très finement rythmés et le négro-folk des Africains d'Amérique, joué avec des instruments acoustiques. Homme de scène aux talents multiples, ce disciple de Manu Dibango alterne blagues, attitudes comiques, quiproquos, jouant de ses joues pour obtenir des sons de balafon.

Kristo aime bien faire swinguer sa musique à l'aide d'un tronc d'arbre. Il joue de l'Assiko avec une guitare, une cuillère, une fourchette et une bouteille vide pour la percussion.
Kristo aime tout simplement la musique, les rencontres, la vie...et ça s'entend...

 

 


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